Les Mots Et Les Choses De La Vie...

Geneviève

(Des publicités apparaissent sur cette page... Désolée, je n'en suis pas responsable).
 
Mercredi 15 octobre 2014

Déjà la mi-octobre...
Les températures clémentes permettent à la végétation de continuer de pousser...

Les oeillets d'Inde illuminent encore certains endroits du jardin, ce qui ravie ma petite mère, heureuse pour un moment, avec sa famille (comme elle dit).
Malgré sa maigreur, comme elle est belle !
Il lui est devenu très difficile de s'exprimer, les mots, les pensées s'échappent, partis se cacher dans je ne sais quel coin de son cerveau...
Alors, je lui raconte son histoire, celle de toute une vie, la sienne...
Ensuite, elle se rappelle de nouveau !
Là, c'est bonheur et je vois ses yeux qui se remettent à briller, elle profite !!!
Dur le retour du soir à la maison de retraite...


(Serge et moi avons repris une nouvelle année de Danse Country, une discipline si attractive, qui nous captive tellement.
Depuis que le cancer de Tony s'est déclaré, nous avons souvent déserté les cours, accumulé les lacunes, mais nous essayons de nous y remettre plus régulièrement.

Après chaque séance, nous revenons rechargés d'énergie !
Notre animatrice est incroyable ; son esprit créatif, positif est très boostant.
Une fille sympathique, dynamique, talentueuse, heureuse de transmettre ses connaissances.

Cela nous permet de nous évader, de nous poser un peu, ensemble, tous les deux.
Avec ce loisir, des efforts physiques qui retentissent forcément sur notre mental.
Nous nous sentons bien dans ce Club.
Une porte magique que l'on ouvre et qui ne se referme jamais définitivement, un réel bien-être)...


Nous conversons plusieurs fois par semaine avec notre Tony toujours plus ou moins dans les douleurs mais observe un léger mieux dans son état général.
Les périodes d'accalmie sont brèves mais il en profite pour se projeter dans quelque chose d'agréable, effaçant pour un temps tout le mauvais que lui a insufflé ce cancer.
Que de fois, je songe aux kilomètres qui nous séparent avec la sensation que mon fils est seul avec ce cancer.
Peur aussi, de le blesser par des paroles mal formulées etc....

La maladie psychique de son frère Eric est devenue presque banale pour son père et moi.
Et pourtant... Son traitement est lourd.
Son attention est débordante pour son frère, il l'aime très fort.
Il est souvent inquiet pour lui ; nous devons régulièrement le rassurer, le mettre en confiance.
Et tendresse-guérison !

La ténacité de mes fils face à la maladie est énorme !


Ne plus jamais se retourner sans jamais oublier d'avancer, pas à pas peut-être... Mais continuer sur ce long fil de la vie...

Mes fils, je vous aime.

 
A ma famille...

Nous sommes tous dispersés aux quatre coins...
 Avec nos occupations, nos soucis, mais aussi nos joies !
La vie de tout un chacun...
Grâce à notre passé, nos parents, nos grands-parents...
Nous continuons de communiquer et quelquefois, nous arrivons à nous retrouver.

Ne rompons jamais ce charme !

Geneviève.



http://www.lesmotsetleschosesdelavie.com/poesie.php


Victor Hugo...

Où donc est le bonheur ? disais-je.

Sed satis est jam posse mori.
LUCAIN.




Où donc est le bonheur ? disais-je. - Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.




Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !




Plus tard, aimer, - garder dans son coeur de jeune homme
Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,

Glisser un mot furtif dans une tendre main,
Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
Sentir son coeur se fondre au son d'une parole,
Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !



Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé
Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir,
Effacer de son front des taches et des rides ;

S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
De cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !



Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
Boire le reste amer de ces parfums aigris,
Être sage, et railler l'amant et le poète,
Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
Suivre en les rappelant d'un oeil mouillé de pleurs
Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !




Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
Dans la joie et l'amour et la félicité
C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
Voilà de quel nectar la coupe était remplie !



Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
Grandir en regrettant l'enfance où le coeur dort,
Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !




Où donc est le bonheur, disais-je ? - Infortuné !
Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

Jeudi 6 novembre 2014

Ce matin, j'ai découvert ceci sur la page Facebook de Tony...

"Merci mon cher lymphome d'avoir pourri ma vie comme tu le fais depuis plus de trois ans maintenant.

Merci aux anciens amis de s'être éloignés de moi.
Merci aux... nouvelles amitiés d'avoir vu le jour.
Merci à la maladie de m'avoir donné plus de force.
Mais au combien ce parcours de guérison est long et difficile.
Je vais sur mes 36 ans et j'ai l'impression d'en avoir 60 ...

Patience et persévérance, espérance.
A chaque jour suffit sa peine.
J'ai été servi ..."

Mon coeur à vif de maman lui a répondu ceci dans un post...
"Mon fils chéri, la réalité de ton ressenti image l'énorme blessure que tu portes en ton cœur !

La souffrance semble quelquefois ne pas connaître ses limites mais l'amour que j'ai pour toi est bien plus fort que ce calvaire que tu endures depuis quatre
ans et crois-moi mon enfant chéri, mon grand homme, avec toute cette gigantesque force morale que tu possèdes en toi, tu finiras par guérir et là, bonheur, bonheur !!! Tu peux me croire !
Papa, Eric et moi, on t'aime !"


Oh là... J'ai mal !
A travers les paroles de mon enfant chéri, une détresse morale si intense qu'elle touche les limites de la cruauté de la vie.
Et... Réflexions sur moi-même... Impression de n'avoir pas fait, de ne pas avoir assez donné, de ne pas avoir su, de ne pas  avoir été à la hauteur, etc...

"Nous sommes sur le même bateau, personne ne tombera dans l'eau !
Nous sommes unis mon fils, tu peux me croire ! "

Vendredi 21 novembre 2014

Après un nouveau séjour de deux jours et demi à la Salpêtrière pour injections d'immunoglobulines et autres examens, Tony est bien fatigué et rentre cet après-midi chez lui.
Fin décembre, à sa prochaine hospitalisation, un nouveau traitement envisagé sera débuté.
Tony se tient prêt...
Espoir que ses souffrances disparaissent !
J'aimerais aussi discuter avec le professeur qui s'occupe de lui en ce moment mais c'est très dur de le joindre, hélas...

 
 



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