Les Mots Et Les Choses De La Vie...

Geneviève

(Des publicités apparaissent sur cette page... Désolée, je n'en suis pas responsable).
 
Jeudi 29 mai 2015

Deux heures du matin.
Impossible de trouver le sommeil, une foule de choses traversent mes pensées...
Les mois passent et notre Tony n'en finit pas des souffrances provoquées par le greffon de moelle osseuse.
Comme chaque mois, ces jours-ci, il est hospitalisé durant trois jours pour des injections d'immunoglobuline. Cette fois, la photophérèse a été cumulée au traitement donc plus de fatigue encore, etc...
Il rentrera chez lui demain.

Nous sommes toujours dans l'attente d'une date pour son opération de la cataracte.
Les médecins se concertent car la GVH oculaire est toujours présente et cela pourrait contrarier l'intervention.
Tony a beaucoup perdu de son acuité visuelle et voudrait retrouver une vue normale.
Il est excédé mais se contient assez bien.
Quel calvaire il endure !

Il m'est de plus en plus difficile de vivre aussi loin de mon fils qui vit son cancer, seul et si
courageusement.
Je me sens déchirée de l'intérieur, cet éloignement est insupportable.
Oui, coupable je me sens ; impression d'abandonner Tony.
Le téléphone et Internet nous permettent de communiquer preque tous les jours mais sont incomparables à la présence humaine.
Voilà cinq ans que nous avons quitté Paris, quatre années de tortures physiques et morales pour Tony, à cause de cette maudite maladie !
Quand ce greffon va-t-il laisser mon enfant en paix ?
Et pourtant, s'il n'avait pas été greffé, il ne serait plus de ce monde.

La situation est loin d'être simple...
Maman n'a que moi ici et l'Alzheimer a empiré de façon importante ces derniers temps.
Nous ne pouvons de nouveau lui faire subir un changement d'établissement, elle est très âgée, fragile, maigre.
Pauvre petite mère Ginette qui s'éteint tout doucement. (Dans les moments de lucidité, j'imagine cette détresse morale qu'elle doit ressentir) !
"Rien n'est plus long que l'attente de la mort qui tarde à sonner quand elle arrive à son heure" !

Eric supporte bien ses traitements, cela me redonnne aussi de l'espoir en la vie ; d'autant qu'il est adorable. (Comme quoi le noir n'est jamais complètement obscure).
Mais nous devons aussi lui éviter les situations de stress, ne pas oublier de le rassurer au quotidien, même si à présent, sa maladie  psychique s'est stabilisée. 

Serge est-il vraiment plus costaud que moi ? 
Il semble arriver à évacuer ses inquiétudes dans le bricolage et le jardin.
C'est vrai, je suis plongée dans le plus profond des chagrins mais ô combien je gère, je tiens bon la barre comme mon Tony !
Je n'ai pas le droit de me plaindre mais cependant, l'intolérable existe, cette séparation de mon grand homme chéri si gravement malade me rend très malheureuse et le seuil de cette douleur-là est sans limite pour une mère !!! 

Mais...
J'ai compris aussi, avec le temps et sans doute trop tard, que nous vivions dans une société où les larmes d'une mère étaient très mal perçues, presque indécentes.
Alors...  

Il faut que j'essaie de dormir, d'être sage vis-à-vis de moi-même car demain est un autre jour...
Dimanche, c'est "La Fête Des Mamans" !

Samedi 1er août 2015

Tony sera opéré de l'oeil gauche pour la cataracte, le 24 août 2015.
Récemment, nous sommes allés une semaine à Paris et c'était bon d'être auprès de mon fils, de l'aider aussi !
Finalement, si tout va bien, Tony viendra passer trois semaines chez nous en septembre.
Autour de tout cela, rien n'est simple...
Ma soeur, ses enfants et petits-enfants arrivent à partir de demain, pour quelques jours, impatients de voir maman, qu'ils n'ont pas vue depuis longtemps !
Ils vont la trouver bien changée...
C'est bien, nous serons en famillle mais quelqu'un va beaucoup me manquer... Mon Tony, seul à Paris !

Vendredi 14 août 2015

Tout le monde est reparti.
Un grand vide... Quinze personnes autour de la table, depuis si longtemps !
L'absence si visible de mon Tony me serrait le coeur !
Nous avons fait connaissance de Joris cinq ans passés et Isa-lys deux ans et demi, les petits de ma nièce Laïs (fille de ma soeur Annie). Deux adorables bambins remplis de vie et de gaieté !
Deux rayons de soleil !
Maman a reconnu sa famille ; ce fut un grand bonheur tout cela...
Les appareils photos et caméras ont bien fonctionné !

Tout ce monde d'un seul coup, des membres chers à mon coeur, à présent retournés dans leurs maisons respectives, pour reprendre leurs activités, leurs obligations, de tout un chacun.
Depuis quelques années, les liens avec ma propre famille sont devenus plus rares...
La distance sans doute, mais aussi notre vie, probablement un peu compliquée pour eux.

Un peu amère, je repense à nos réunions de famille des années passées dont la chaleur des retrouvailles dégageait quelque chose de sincère et d'attentionné...
Comme tout a changé !


Je suis lassée aussi d'expliquer.
Ont-ils envie d'entendre ou de comprendre ?
Depuis longtemps, j
e ne perçois plus de leur part à chacun, une attention particulière qui pourrait ressembler à l'amour de la famille...
Et puis, après...
Cela n'est pas quelque chose d'impératif aussi !
Chacun a son histoire et la nôtre ne regarde que nous quatre, qui formons un petit groupe très soudé par une immense tendresse et affection.
Je regrette simplement l'indifférence, l'égoïsme de certains vis-à-vis de la maladie de mes fils et de ma petite mère qui a semé tellement d'amour autour d'elle !
Une maman et une grand-mère accomplies !
Elle me manque...
Avec sa dégénérescence du cerveau, les échanges riches et les longues conversations que nous avions toutes les deux sont terminés. Elle n'est plus la même mais elle est très âgée, c'est ainsi.

Malgré des annnées de soucis, Serge et moi nous complètons assez bien.
Nous sommes un couple solide !
Le temps passant a fait son chemin... Nous nous comprenons, nous nous soutenons.
Nous deviendrons vieux, très vieux, pour nos fils !
Contre vents et marées, nous nous aimons et notre bateau est résistant !

En ce moment, je travaille sur mon subconscient si sensible au langage de l'émotion.
Je me documente pour découvrir ce réservoir plein de ressources et de créativité !
Le subconscient d'une personne sait exactement ce qui est bon pour elle.
Il connaît la réponse à ses besoins.
Alors ma petite poule, au travail...

 
 



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